Il faut plus pour l’Horeca à Bruxelles!

Le secteur Horeca est touché de plein fouet par la crise du Covid 19. L’Horeca en Région bruxelloise, ce sont 7.600 unités d’établissements. La Ville de Bruxelles en représente près de 40%, avec 2.900 exploitations.  A la barre : des milliers d’indépendants, créant aussi de très nombreux emplois, directs ou indirects.

Premiers à fermer le 13 mars dernier, les cafés, restaurants et hôtels seront parmi les derniers à rouvrir, à partir du 8 juin si le Conseil national de sécurité le confirme. Ils ne pourront par ailleurs pas reprendre à 100% de leur activité d’avant-covid 19 eu égard à la limite de fréquentation imposée par les distances sociales.

Face au problème de trésorerie, le cash immédiat est un soulagement indispensable.

Le gouvernement fédéral a mis en place un droit passerelle (une allocation) pour les indépendants, couvrant les mois d’avril et de mai.

La Région bruxelloise a rendu accessible une prime unique de 4000 euros le 8 avril.

A la Ville de Bruxelles, la taxe sur les terrasses a été diminuée de moitié. Cela correspond à une moyenne de… 130 euros par établissement.

Vu l’urgence à laquelle est confronté l’Horeca, il faut faire plus.

Le gouvernement fédéral vient de prolonger le droit passerelle pour le mois de juin. Le Ministre des Indépendants et des Classes moyennes Denis Ducarme a fait passer ce samedi en « kern » l’extension de cette allocation en juillet et en août. Le montant total octroyé à un indépendant avec charge de famille sera ainsi en août de 9684 euros.

A la Région bruxelloise et à la Ville de Bruxelles, je plaide depuis des semaines pour que l’on actionne le levier du précompte immobilier.  La Région bruxelloise et les communes perçoivent des additionnels au précompte immobilier et, depuis la dernière réforme de l’Etat, c’est la Région qui enrôle cet impôt. Face au problème non résolu des loyers commerciaux qui plombent les trésoreries dans l’Horeca, il est urgent de diminuer cet impôt sur la valeur immobilière du bien, au minimum au prorata des mois d’impossibilité d’exploiter celui-ci.

Le principe : donner accès au commerçant, sur demande, à une prime (telle que cela a été réalisé par le gouvernement régional précédent avec Be Home pour les propriétaires occupants) établie sur la base du PRI au minimum au prorata de la durée d’impossibilité d’exploiter son commerce en raison des décisions du Conseil national de Sécurité pendant la crise sanitaire du covid-19. Le demandeur et bénéficiaire de la prime est l’occupant du commerce : cet occupant-bénéficiaire est soit propriétaire de son commerce, soit locataire de son commerce. Un plafond unique est établi eu égard à la nécessité d’ajuster au mieux les moyens publics aux besoins réels.

La prime a l’avantage d’avoir une portée immédiate et de s’adresser directement au commerçant qui exploite un lieu. Il faut savoir en outre que le PRI est dans la majorité des situations assumé, par convention entre bailleur et preneur, par le locataire. Le cas échéant, il apparaît ainsi d’autant plus logique que celui-ci soit bénéficiaire de la réduction de cet impôt.

  • Lors de la dernière commission des Affaires économiques du Parlement bruxellois, la Secrétaire d’Etat à Transition économique Barabara Trachte a indiqué que des mesures sur les loyers étaient à l’étude pour un plan de relance régional annoncé… en juillet. Mais c’est maintenant qu’il y a urgence pour le secteur Horeca ! Ce vendredi, le président de la fédération Horeca Bruxelles Philippe Trine indiquait que le taux de faillites attendues sur Bruxelles se situe entre 25 et 35% . Alors que le Ministre fédéral des Indépendants et des Classes moyennes en appelle à un effort supplémentaire des Régions pour l’Horeca, on dirait que la Région bruxelloise joue la montre, c’est inacceptable.
  • A la Ville de Bruxelles, le Bourgmestre a répondu, lors du dernier Conseil communal, que la Ville exonérait les locataires de commerces de la Régie foncière des loyers de mars et d’avril. Mais qu’en est-il des loyers privés, majoritaires ? La Ville ne peut se satisfaire d’une réponse inégalitaire. Le précompte immobilier est budgété à hauteur de 206.000.000 d’euros en 2020, soit une augmentation de 7 millions par rapport à 2019. En outre, la Ville possède des leviers importants en termes de taxes : la taxe sur les terrasses, c’est 535.000 euros ; celle sur les enseignes, c’est 1.140.000 euros ; la taxe additionnelle à la taxe sur les hébergements touristiques « City Tax », c’est 14,8 millions. Alors que des communes moins nanties ont multiplié les efforts pour les trésoreries des commerces, la Ville refuse à ce stade de faire plus. Quid d’une annulation totale de la taxe sur les terrasses ? Quid de la taxe sur les enseignes ? Quid pour les hôtels ? Les commerces et l’Horeca en particulier, qui font battre le cœur de notre capitale et la font rayonner, doivent être une priorité. La Ville en a les moyens, elle doit agir !

A la Région comme à la Ville de Bruxelles, il faut de toute urgence des mesures complémentaires. Le précompte immobilier est un outil auquel il faut recourir maintenant. Avec une prime ciblée de type « Be Home » que l’on pourrait appeler « Be Horeca », l’impact pour de très nombreux gérants d’établissements Horeca serait direct et rapide.  

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