« Combattre à Bruxelles et ailleurs l’illibéralisme, cette antithèse du libéralisme ! »

Au sortir de la seconde guerre mondiale, différents dirigeants de plusieurs pays d’Europe ont initié la mise en place d’un projet démocratique ambitieux et appelé à s’inscrire dans la durée : la construction européenne. Ces visionnaires sont parvenus au fil des années, dans une Europe qui après la défaite du nazisme n’était plus que ruine et désolation, un espace de liberté et de paix. Le traité instaurant la Communauté Economique Européenne (CEE) fut signé à Rome en 1957 entre 6 pays dont la Belgique. Bruxelles allait devenir la capitale d’une nouvelle entité supranationale fédératrice. Celle-ci aspirait à dépasser définitivement en son sein les nationalismes belliqueux qui avaient déjà causés tant de victimes, dans un siècle qui venait alors à peine d’entamer sa seconde moitié. Dans les décennies qui suivirent la signature du traité de Rome, l’Europe se dota d’institutions et de politiques communes tout en s’élargissant de plus en plus.

La chute du mur de Berlin en 1989 fut un formidable élan de libéralisme politique, nécessairement porteur d’opportunités d’avenir pour l’Europe de l’Acte Unique qui venait d’être signé et garantissait quatre libertés aux ressortissants des douze pays signataires : la libre circulation des biens, des capitaux, des personnes et des services. L’Europe qui était née sur les cendres fumantes du totalitarisme hitlérien militairement défait allait-elle connaître une seconde jeunesse après la faillite économique, morale et politique du totalitarisme soviétique ? Beaucoup de démocrates parmi lesquels un grand nombre de libéraux espéraient alors voir bientôt l’achèvement de la construction d’une Europe fédérale et promouvant activement le respect des droits et des libertés des citoyens. La suite ne fut pas vraiment à la hauteur de leurs espérances.

Aujourd’hui, au sein des 28 Etats de l’Union européenne, on retrouve des partis de gouvernement qui sont en rupture avec les valeurs fondatrices de l’Union et même avec les principes de la démocratie libérale. Viktor Orban, le Premier Ministre hongrois, est le plus emblématique de ces dirigeants dont les démocrates n’ont pu contenir l’avènement liberticide. Se définissant lui-même comme illibéral, il appelle à porter l’estocade à la démocratie libérale lors des prochaines élections européennes de mai 2019. Orban s’est tristement distingué depuis son entrée en harcelant les ONG, en faisant taire la presse, en construisant des murs anti-migrants… Il a même pensé à rétablir la peine de mort. S’il est le plus emblématique, il est loin d’être isolé, c’est une véritable « internationale » de l’illibéralisme qui se met en place pour défendre l’Europe Chrétienne, la famille traditionnelle et le rejet de l’intégration européenne. Avec notamment Jaroslaw Kaczyński en Pologne et Mateo Salvini en Italie, il dispose de plusieurs alliés de poids dans sa croisade pour défendre l’Europe contre ce qu’il appelle l’idéologie soixante-huitarde, qu’il juge coupable de tous les maux du continent.

L’illibéralisme est très clairement l’antithèse des valeurs libérales. C’est d’ailleurs notre ancien Premier Ministre Guy Verhofstadt qui est la pointe de la dénonciation des politiques anti-démocratiques menées par le gouvernement de Viktor Orban à la tribune du parlement européen en tant que chef de file des libéraux européens. Il est essentiel de serrer davantage les rangs autour de lui dans sa défense de l’intégration européenne et des libertés fondamentales.

« Les mandataires politiques doivent se réapproprier les enjeux européens surtout lorsque ceux-ci résident en la sauvegarde de notre démocratie. »

Les mandataires politiques, peu importe leur niveau de pouvoir, doivent se réapproprier davantage les enjeux européens surtout lorsque ceux-ci résident ni plus ni moins en la sauvegarde de notre démocratie. Au niveau local, il est également possible d’impulser des politiques d’ouverture, de vivre ensemble et de défense des libertés fondamentales. La commune peut être un lieu de résistance face à la montée du populisme qui n’épargne aucunement notre pays. Les pouvoirs publics doivent sensibiliser la population sur les principes contenus dans la déclaration universelle des droits dont on s’apprête à fêter le 10 décembre les 70 ans. Il est tout aussi essentiel de valoriser les initiatives citoyennes pour la défense des droits démocratiques acquis parfois de haute lutte. Il n’est pas question de se laisser déborder et marginaliser par des démagogues antidémocrates comme les libéraux hongrois en leur temps. Nous devons nous enorgueillir des libertés conquises à Bruxelles, en Belgique et en Europe, les expliquer et surtout rappeler qu’elles sont susceptibles d’être remises en question. Mais aussi peut-être que d’autres sont encore à conquérir et que ces combats à venir ne manqueront pas de grandir ceux qui les mèneront. L’écrivain Roger Peyrefitte disait d’ailleurs avec justesse ceci : « Il n’y a de bonheur que dans la liberté et de grandeur que dans une liberté croissante. »

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