Devenir soi par le genre

Devenir soi par le genre, une question de libertés

Parmi les libertés que nous portons, celles liées à l’identité sont, littéralement, essentielles pour les individus.

En tant que citoyen.ne.s, en tant que politiques, il nous faut favoriser l’expression de ces identités. Pas les étouffer. Surtout pas les éteindre.

Après les affirmations et droits acquis, notamment dans notre démocratie libérale belge, pour les homosexuel.lle.s, d’autres orientations sexuelles se font jour, comme pouvant aujourd’hui, enfin, être vécues plus librement.

Dans nos sociétés, catégorisées, il s’agit de permettre aux esprits de s’ouvrir à ces réalités individuelles et de les respecter, de favoriser l’écoute de processus personnels intenses, et d’adapter nos lois et organisations pour garantir d’égales libertés.

En Belgique, on estime qu’il y a entre 30.000 et 35.000 personnes transgenres. Et manifestement autant de parcours et vécus spécifiques.

Ouvrir, montrer, expliquer

Alors que nous nous retrouverons à la Belgian Pride ce samedi 19 mai, l’expression politique et festive qu’elle concentre sera une nouvelle fois un medium de sensibilisation incontournable.

A la Ville de Bruxelles, ce travail de sensibilisation de la population et des services aux LGBT+ est également mis en œuvre au départ du département de l’égalité des chances, appuyé sur la loi anti-discrimination de 2007.

Alors que pour certain.e.s cette transition est parsemée d’embûches, il est avéré que, pour d’autres, ce parcours se passe sans encombre.

Lucas, que j’ai eu le plaisir de rencontrer, est enseignant dans une école à discrimination positive en Région bruxelloise. Il a expliqué sa transition à ses collègues ainsi qu’à ses élèves. Tout s’est déroulé sans anicroche, avec sans doute au passage un enseignement supplémentaire : celui de valeurs d’ouverture et de liberté individuelle.

Ecouter les vécus, accompagner les transitions

Pour Philippine, collaboratrice d’un parlementaire fédéral, « il faut sans cesse expliquer aux gens. Briser les tabous. Trans, c’est un transit, un parcours. Une transition pour être au plus proche de soi ». Elle m’a fait part d’une réaction de son fils, qui lors d’une réunion parents/élèves, l’a présentée en ces termes : « C’est mon père, c’est une femme, c’est ainsi ». Sans tabou.

De nombreuses associations ou mouvements sont présents dans la capitale pour aider les personnes à mener au mieux leur transition. J’ai eu l’opportunité d’entrer en contact avec « FIER-E-S & LIBRES » ainsi que « Genres Pluriels », qui sont de véritables centres d’accompagnement et d’écoute. La Ville de Bruxelles accueille et soutient la maison Arc-en-Ciel, qui abrite entre autres notamment Genres Pluriels, à la rue du Marché au Charbon.

Néanmoins, à l’heure où des jeunes se font encore rejeter par leur famille en raison de leur transition et que d’autres se font agresser en rue, je suis heureuse que le premier refuge pour jeunes LGBT+ puisse ouvrir à Bruxelles en juillet prochain. Le Conseil communal de ce 14 mai a accordé son soutien à ce centre, développé par l’asbl Midnimo.

Accélérer le changement de prénom

En Belgique, depuis le 1er Janvier 2018, la nouvelle loi fédérale permet aux personnes transgenres majeures ou mineures émancipées de faire modifier officiellement leur enregistrement de sexe et leur prénom sans conditions médicales. Si vous vous rendez au service de l’Etat civil de Bruxelles, par exemple, une simple déclaration indiquant la conviction que le sexe mentionné dans l’acte de naissance ne coïncide pas à l’identité de genre que vous vivez suffit pour effectuer votre changement de genre. Ce changement législatif est une ouverture vers la tolérance et l’acceptation de chacun.

Néanmoins, pour les personnes transgenres qui veulent recourir à la chirurgie, des équipes médicales imposent une psychiatrisation. Le temps passe, qui fait traîner les choses dans un processus identitaire déjà long. Une réflexion pourrait être menée afin d’améliorer ce délai.

Une autre avancée apparaît aujourd’hui prioritaire : l’accélération du changement de prénom. En effet, alors que le changement de sexe est effectué endéans les trois mois par l’administration communale, le changement de prénom prend, pour sa part, environ une année nous indique-t-on. Les personnes transgenres se retrouvent donc dans une situation délicate et psychologiquement paradoxale et douloureuse puisqu’un changement de sexe est déjà notifié sur leur carte d’identité alors que ce n’est pas encore le cas pour leur prénom.

Ce 17 mai, j’ai donc écrit au Ministre de la Justice pour demander une accélération de la procédure de changement de prénom pour les personnes transgenres afin que la procédure puisse coïncider avec le changement de sexe.

« La liberté est l’espace entre ce que nous sommes et ce que nous pouvons devenir », dit Philippe Bartherotte.

Sur ce chemin personnel, Philippine marche, aux côtés de beaucoup d’autres, vers « la liberté et la fierté d’être telle ou tel que l’on est, sans l’obligation d’être telle ou tel que l’on naît ».

Clémentine BARZIN

Echevine de la Participation citoyenne et de la Revitalisation urbaine de la Ville de Bruxelles

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